Ecole : Non à la casse de la formation !

Publié le par PCF - Section du Canton de Lusignan

Élever le niveau de formation et de qualification des maîtres,

pas casser leur métier !

L’autoritarisme borné du gouvernement, comme on le voit pour la réforme des retraites, la casse du métier d'enseignant présentée comme l’accomplissement du progrès : voilà à quoi assistent dans la colère et la protestation les étudiants qui ont choisi ce métier.

Comme le gouvernement a de la suite dans les idées, à cette contre-réforme de la formation s’ajoute la dislocation scandaleuse de l’INRP. Tout ce qui ressemble à des idées neuves, tout ce qui appelle un regard critique sur les savoirs, leur construction, leur partage, est saccagé ou ignoré.

Cette « Réforme » gâche à la fois la formation initiale et met en péril les recrutements des futurs enseignants en faisant des Concours Nationaux une loterie. Pécresse et Chatel osent : « la formation des maîtres n’est pas faite pour recruter essentiellement des enseignants ». C’est une nouveauté exigée par le MEDEF et la Table Ronde du patronat européen ; casser les diplômes, concevoir des formations jetables, focaliser sur « l’employabilité » et ouvrir la voie à davantage de précarité.

Avec la suppression d’un fonctionnaire sur deux , la voie est ouverte à un vivier de personnels taillables et corvéables a merci. Scandaleuse en elle-même car de bric et de broc au point de vue du contenu intellectuel et dangereuse au point de vue professionnel, menaçant tous les masters, cette réforme renforce encore les inégalités sociales : elle transforme l’accès éventuel au métier d’enseignant en course d'obstacles pour les Jeunes des classes populaires. Financer cinq ans d’études après le bac n’est pas à la portée de tous. L’éloignement du « débouché », sans garantie d’y parvenir avec la raréfaction des postes et la précarisation du métier, décourageront les étudiants de familles populaires de s’engager dans les cursus.

LE PCF propose l’établissement d’un concours de pré recrutement dès le niveau Bac +1 comportant le statut d’élève fonctionnaire stagiaire avec la rémunération qui l’accompagne, formation prise en compte pour la retraite, ce concours serait accessible à tous, premier pas vers une allocation d’autonomie pour tous les étudiants.

Cela suppose notamment l’indépendance financière de l’élève stagiaire par rapport à sa famille. 

La contre réforme de la formation des enseignants est non seulement un gâchis de compétences et un facteur dissuasif par rapport à ce métier. Elle se double de la supercherie de l’absence de moyens nouveaux au niveau budgétaire ; la qualité de la formation a un coût !

Nous exigeons l’abandon de cette contre réforme et la mise en place d’urgence de groupes de travail larges et pluralistes pour en construire une autre s’inspirant des principes ciaprès.

doigt350.jpg

 

Liberté pédagogique :

l'urgence de revaloriser la formation continue,

le lien avec la recherche.

- pour que cette plus grande maîtrise notionnelle s’accompagne d’un travail critique du futur enseignant sur son propre rapport au savoir, ses représentations, ses pratiques dans son métier, le lien entre la formation initiale et continue, la recherche, et le travail des mouvements pédagogiques: la formation initiale et continue doit bénéficier de moyens conséquents sans quoi ces enjeux ne seront pas relevés demain.

- pour élever le niveau de formation pédagogique, pour mieux informer de la recherche en éducation, des outils pluriels à disposition, et permettre de donner aux enseignants les éléments pour qu’ils puissent mieux, en tant que praticiens, contribuer à l’invention de pratiques pédagogiques qui réduisent les inégalités ;

- pour que la partie « pratique » de la formation se fasse progressivement, accompagnée par la formation (et pas « sur le tas ») pour analyser les premières expériences et avec temps de préparation pour une entrée réussie dans le métier.

- pour une nouvelle phase de démocratisation scolaire et universitaire : 

Élever le niveau de formation oui,

en faire un outil de sélection sociale : non !

L’élévation du niveau chez les enseignants, est indissociable de leur stabilité donc de leur statut de fonctionnaire, afin d’avoir l’esprit dégagé pour innover et s’impliquer dans la démocratisation scolaire. Un statut de fonctionnaires d’Etat pour assurer l’égalité de leur formation, donc de ce qu’ils enseigneront.

C’est dans ce sens qu’une toute autre réforme doit être élaborée, pour un avenir où les enseignants seront mieux formés pour que chaque futur citoyen soit en maîtrise de savoirs et de capacités de réflexion de haut niveau.

Une formation répondant à l'enjeu de la complexité des savoirs, de l'ambition d'une culture commune de haut niveau.

Telles sont quelques lignes de force, selon nous, qu'une politique de gauche devrait impérativement prendre pour feuille de route pour réussir.

Nous vous invitons à en débattre dès à présent.

 

 

Publié dans Ripostons ensemble

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article